Comment réduire ses déchets durablement

réduire ses déchets durablementComment réduire ses déchets durablement ? C’est la question à laquelle je te propose de répondre aujourd’hui parce qu’on ne va pas se mentir : les déchets c’est comme la poussière, ils reviennent inlassablement ! On n’est pas prêt de s’en débarrasser ! Quand je me suis lancée avec ma famille dans le zéro déchet je me suis souvent sentie découragée par la montagne (de déchets) devant moi à gravir. Malgré nos gros tris et désencombrements, malgré tous nos efforts et gestes au quotidien j’avais parfois le sentiment que je n’atteindrais jamais notre objectif.

Après plus de 2 ans (et notre objectif initial atteint) j’ai un peu de recul pour t’aider à ne pas décourager et à avancer pas à pas avec sérénité pour réduire tes déchets significativement.

La clé, selon moi, si tu veux atteindre toi aussi un objectif ambitieux, c’est d’avoir une approche méthodique et structurée en mode “projet”. Le cadre n’empêche pas la souplesse, bien au contraire, je vais t’expliquer.

Rester bienveillant avec soi et les autres

Réduire ses déchets n’est pas une mince affaire : c’est même une petite révolution dans son quotidien et sa vie en général ! Il ne faut pas minimiser les changements que cela représente. Ce n’est pas facile de changer, c’est même l’une des choses les plus inconfortables dans la vie.

Si tu es comme moi, une personne très exigeante envers elle-même (et donc envers les autres), réduire tes déchets va te confronter avec toi-même. Tu vas vite te rendre compte que plus tu te braques, plus le zéro déchet devient pénible à vivre et à atteindre : frustration, colère, impuissance, tristesse, stress, lassitude peuvent te gâcher “le voyage”. C’est sans doute parce que tu penses trop à la destination, à l’objectif et pas assez au voyage, à l’aventure

Personne n’est parfait et on ne demande à personne de l’être, alors ne te l’impose pas non plus. Et puis tu constateras que c’est largement contreproductif : j’ai vu des débats sur le véganisme sur les réseaux sociaux tournés au pugilat ! Cela fait fuir n’importe qui à toutes jambes. Pour le zéro déchet c’est la même chose : mieux vaut rassembler que diviser et faire fuir.

J’ai été très exigeante dans ma démarche au départ parce que je sais pas faire les choses à moitié. L’exigence m’a permise de tenir bon, de m’accrocher. Maintenant, je le suis tout autant mais je ne me bloque pas dans une position, je cherche davantage à comprendre plutôt qu’à culpabiliser. Et puis n’oublions pas que tout ne repose pas sur nos frêles épaules et que désormais nous sommes très nombreux à faire attention et ça c’est vraiment cool !

La démarche zéro déchet est un véritable projetréduire ses déchets durablement

Pour réduire ses déchets, rien de mieux que de l’aborder comme un projet (de construction d’une maison, d’un voyage ou autre, choisis l’exemple de projet qui te parle !). L’aborder en mode “spontané” et “improvisé” ça a du bon mais ça peut vite tourner au fiasco. Le truc c’est qu’en manquant d’efficacité, ta démarche va vite devenir décourageante pour toi et les tiens et alors tu risques fort d’abandonner (ce qui n’est pas grave mais peut être frustrant n’est-ce pas ?).

Définir un objectif

Comme dans tout projet, et encore plus concernant un projet de changement, il est important de se donner un objectif clair, réaliste et atteignable (laisse-toi du temps, sinon bonjour la pression !). Cela peut être par exemple :

  • réduire de moitié l’ensemble de tes déchets en 6 mois,
  • ne rien acheter de neuf durant le prochain mois (l’année si tu es ambitieux/se !),
  • ne plus avoir de déchets alimentaires dans la poubelle “tout venant” pendant au moins 3 mois,
  • gagner en autonomie et réduire tes achats alimentaires d’un tiers en 2 ans.

Définir un objectif motive et permet d’avoir un cap. Poser un cadre permet de clarifier ton champ d’actions (et d’éviter les conflits avec des personnes de ton entourage au passage !) et éventuellement d’y aller aussi par étapes (d’abord dans la maison, ensuite au bureau, ensuite en vacances par exemple, d’abord toi seul/e, puis tes enfants et ta moitié en test, puis ton chat, etc)

Poser un cadre

Je te conseille aussi de définir un cadre à ta démarche (qui est concerné chez toi  ? tous les membres de la famille ? toi seul(e) ? ton animal de compagnie compris ? est-ce que la réduction de tes déchets s’applique à ta maison ou aussi en vacances pour commencer ?) ainsi que des règles de priorité entre le bio, le local, le zéro déchet, et peut-être d’autres critères éthiques et sociaux.

Sinon, tu vas partir mais sans savoir où tu vas et tu risques d’être découragé(e) en chemin, voire perdu(e) et d’abandonner tes efforts. Ce serait dommage !

Faire le point sur tes moyens

Enfin, sois clair.e avec les moyens que tu te donnes, dont les moyens en temps et en argent notamment : que veux/peux-tu y consacrer comme temps ? Quel est le budget que tu veux/peux allouer à ton projet ?

Faire des points d’étape et d’amélioration continue

réduire durablement ses déchetsJe trouve que c’est utile de se programmer des points d’étapes, cela peut-être une fréquence mensuelle ou encore la date anniversaire du démarrage de ta démarche (c’est ce que j’ai fait en faisant un bilan à 2 mois, à 6 mois, à 9 mois, à 1 an et à 2 ans).

Ces moments où on se met sur pause et où on regarde où on en est de son projet permettent

  • tout d’abord de prendre conscience des résultats atteints,
  • de tirer des enseignements de ses expériences,
  • d’identifier les aspects qu’on souhaite améliorer et en l’occurence, concernant le zéro déchet, les déchets auxquels on souhaite s’attaquer pour les réduire.

Transformer ses craquages

Un craquage n’est pas un échec : c’est une réussite en devenir. En comprenant pourquoi il arrive, tu te donnes toutes les chances de mieux l’éviter à l’avenir. Si tu le rejettes, il reviendra de la même façon.

Ce que tu fuis, persiste

Je t’invite à regarder tes “craquages” en face, à les assumer, à les montrer même et surtout à en faire quelque chose de constructif.

Tes “échecs” sont ta plus belle façon d’avancer dans la réduction de tes déchets : ils représentent tes axes de progression qui l’un après l’autre, vont t’amener assurément loin dans le zéro déchet !

Méthode radicale ou en douceur : rester réaliste quoi qu’il en soit

Quand nous avons commencé j’avais en ligne de mire le bocal de Béa Johnson en guise de poubelle (celui qu’elle expose en conférence en t’expliquant qu’il contient une année de déchets pour 4 personnes, et qui est de plus en plus petit !)

Mais je savais très bien que nos déchets de l’année ne tiendraient pas dedans après si peu de temps ! Béa Johnson n’est pas non plus arrivée à ce résultat en 1 an !!

Je n’avais pas défini d’étapes et je n’ai pas trop donné le choix à ma famille (nous en avons souvent parlé en réunions de famille et elle a toujours accepté de me suivre, je lui en suis reconnaissante !). Nous avons adopté ce nouveau mode de vie de façon plutôt radicale  (contrairement à beaucoup de personnes qui se lancent dans le zéro déchet en douceur, comme tu peux le voir dans mon sondage sur instagram).

L’avantage de cette “méthode” c’est d’obtenir des résultats spectaculaires rapidement, l’inconvénient c’est qu’elle demande un gros effort (de courte durée plutôt qu’un plus petit effort mais plus longtemps). Cela met aussi une certaine pression : je voulais être de suite dans le zéro déchet. Or même en adoptant ce nouveau mode de vie de façon radicale, il existe une période de transition incompressible : notamment le temps de faire du tri et du désencombrement, très importants dans la démarche pour écouler ses stocks de produits emballés (et éviter de les gaspiller), pour changer ses habitudes (et trouver les alternatives ZD à son quotidien) tout ça en ayant d’autres activités à côté ! [je t’explique tout cela plus en détail dans cet article]

réduire ses déchets durablement
Notre bocal-poubelle du mois de février 2019

Et n’oublions pas qu’il nous a fallu tout de même une année, pour mettre en place un bocal-poubelle dans notre cuisine !

Adopter un mode de vie minimaliste

trier vetements
Notre tout 1er tri de vêtements au démarrage de notre démarche ZD

Réduire c’est top mais on parle bien ici de le faire durablement. Cela signifie : éviter de recommencer indéfiniment le processus de désencombrement par exemple et continuer à réduire ses déchets toujours un peu plus et un peu mieux.

Au-delà d’une démarche projet par étapes et dune approche d’amélioration continue,  l’important c’est de dépasser “l’effet plateau” qui arrive à un moment donné dans sa démarche zéro déchet.

Nous l’avons ressenti au cours de notre 2ème année : nous en étions arrivés à gérer des micro-déchets, la motivation de réduire nos déchets encore un peu plus a faibli parce que cela devient difficile et moins visible. Nos changements et nos efforts étant devenus des habitudes et nous avons vécu sur nos acquis.

Pour continuer à réduire durablement ses déchets, il me semble que le minimalisme est une excellente voie.

Ce mode de vie permet non seulement d’éviter d’encombrer à nouveau son espace (tu sais bien que la nature a horreur du vide) mais également d’aborder d’une manière plus large son impact environnemental, de prendre de la hauteur.

J’aurai l’occasion d’en reparler plus en détails dans un prochain article. Mais d’ici là je te donne une règle toute simple et très efficace contre le réencombrement : le “1 qui entre, 1 qui sort“. Une fois que tu ne peux plus désencombrer, autrement dit que tu as atteint ton stock idéal d’affaires, par exemple de vêtements, tu peux instaurer cette règle.

Dès que tu souhaites acheter une nouvelle pièce, tu dois en contrepartie en faire sortir une. Tu verras que cela permet d’éviter certains achats compulsifs et dans tous les cas de garder la même quantité d’affaires !

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mavidurable
Invité

Exactement, les déchets sont comme la poussière, ils reviennent sans cesse.
Se fixer des objectifs (par pallier) c’est une bonne solution pour ne pas se décourager

Laura
Invité

Bonjour et merci pour ce très bel article. Comme toi, quand je me suis lancée dans le zéro déchet, j’y suis allée à fond. Et j’étais frustrée car ça n’allait pas assez vite et les gens autour de moi ne comprenaient pas. Mais avec tout ce que je savais, je voulais que les autres réagissent aussi. J’étais donc souvent ultra exigeante avec les autres comme avec moi-même. Puis je me suis rendue compte que la solution n’était pas de forcer les autres mais d’expliquer la démarche tout le temps, et ça fait son chemin comme ça… Aujourd’hui je trouve mes… Lire la suite »