Comment passer sa salle de bain en zéro déchet ?

Nous nous attaquons à la salle de bain : avec la cuisine, c’est une des pièces du quotidien qui concentre le plus de déchets. Pour preuve : cette pièce possède sa propre poubelle ! Le passage de la salle de bain au zéro déchet est plus rapide et en même temps elle prend plus de temps que la cuisine. Explications et retours sur notre expérience.

salle de bain zéro déchet

Poubelles à la poubelle

A la maison, nous avons 3 salles d’eau : une dans la chambre attenante à la chambre parentale, une autre pour les enfants et une dernière qui sert de manière plus occasionnelle pour les amis, les départs tôt le matin de monsieur lors de ses déplacements et les retours de plage-plongée-surf. Chacune de ces pièces possède une poubelle « noire » qui se remplit plus ou moins rapidement. Disons que nous jetons une poubelle de 50 litres tous les 3 mois je pense, mais c’est déjà trop car cela représente à nous seuls 200 litres par an uniquement pour la salle de bain !

Se débarrasser de sa poubelle (la donner par exemple à Emmaüs) est un moyen radical pour passer au zéro déchet dans sa salle de bain car à chaque nouveau déchet à jeter, cela oblige à :

  1. en prendre réellement conscience
  2. se poser la question de comment et où le jeter
  3. réfléchir à la solution pour ne plus avoir de déchet ou au moins une alternative pour le réduire

Analyse des poubelles

Que jetons-nous dans nos poubelles justement ? Analyser ce que notre « dernière » poubelle contient est déjà une bonne façon d’appréhender comment prendre le problème pour réduire nos déchets issus de la salle de bain.

Chez nous les poubelles se remplissaient de :

  • mouchoirs en papier,
  • cotons-tiges,
  • cotons démaquillants,
  • cheveux (j’ai les cheveux épais mi-longs, chaque brossage génère une « touffe » de cheveux à jeter),
  • brosses à dents en plastique,
  • emballages plastiques des différents produits d’hygiène et cosmétiques (emballage plastique des brosses à dents par exemple, nous mettons au recyclage la partie cartonnée, emballage plastique d’un parfum, etc),
  • plaquettes vides de médicaments,
  • solaires périmés,
  • etc…

Nous recyclons déjà (mais cela reste quand même des déchets à réduire) :

  • tous les emballages cartonnés des produits et leur notice papier,
  • les médicaments périmés en les rapportant à la pharmacie (selon la pharmacie, il nous est demandé de sortir les médicaments de leur boîte).

consignes tri plastique 29Depuis le 1er juin 2016, nos consignes de tri ont évolué.Désormais nous pouvons notamment recycler en jetant dans le conteneur « jaune » :

  • les flacons de shampoings et de gel douche,
  • les tubes de dentifrice.

Les 5R vers le zéro déchet

La méthode de Béa Johnson, que nous avons suivie, est puissante en matière de réduction de ses poubelles. Il suffit de passer chaque déchet à la « moulinette chronologique des 5R » (elle détaille cette démarche dans son livre « Zéro déchet ») :

  1. étapes-démarche-ZDRefuser : c’est la 1ère étape, la plus simple à comprendre, la plus efficace aussi car la plus radicale. Refuser, c’est dire NON à ce qui pourrait entrer chez soi venant de l’extérieur (refuser un sac inutile à la pharmacie) mais c’est aussi savoir se dire à non à soi en se passant d’un produit, le meilleur déchet étant celui qu’on ne produit pas.
  2. Réduire : ce que nous ne pouvons pas (se) refuser, nous essayons de le réduire en quantité. C’est en cela que le mode de vie zéro déchet est minimaliste et slow, il questionne notre rapport à la consommation et le réduit pour faire de la place à l’essentiel.
  3. Réutiliser : ce qui ne peut être refuser, ni  réduit doit s’envisager en « durable » en privilégiant ce qui peut être réutilisé.
  4. Recycler : ce qui ne peut ni être refusé, ni  réduit, ni réutiliser, va être recycler. Ce qui est important, c’est de comprendre que le recyclage n’arrive qu’en 3ème solution !
  5. Rendre à la terre (composter) : tout le reste. Il s’agit du recyclage des déchets organiques.

Application à nos salles de bain !

Prise de conscience

A chaque pièce désencombrée, la même prise de conscience du stock que nous avons dans nos placards !! Et pourtant je n’avais pas le sentiment que nous achetions sans besoin : mais il faut reconnaître que nous avions dû oublier ce paquet de paquets de mouchoirs en papier au moment où nous en avons racheté un autre par exemple !

La peur du vide, la peur de manquer, ou le « plaisir » d’acheter pour acheter, de remplir nos placards ? Cela m’a beaucoup interpellée …

Que deviennent nos déchets ?

Comme je l’évoque dans cet article, personnellement je n’ai pas choisi la méthode de tout jeter d’un coup, cela me gêne un peu de penser que pour réduire mes déchets j’en produis davantage ! Cela nous donne donc un peu de temps pour progresser pas à pas, c’est l’avantage.

Passons en revue les 1ers déchets auxquels nous nous sommes attaqués :

  • les mouchoirs en papier
  • les cotons-tiges,
  • les tubes de dentifrice et les brosses à dents,
  • les cheveux,
  • les produits d’hygiène comme le gel douche et le shampoing mais aussi le déodorant,
  • les produits cosmétiques, notamment les crèmes pour le visage et le corps et les parfums.

Mouchoirs en papier

Les mouchoirs en papier n’ont pas passé la 1ère étape : nous avons décidé de leur dire non et de nous en passer tout simplement.

Pour autant, nous avons refusé le « moyen » mais la « cause » était toujours là : notre besoin de nous moucher plus ou moins souvent selon notre état de santé.

Nous avons donc décidé de passer aux mouchoirs en tissu (donc réutilisables).

Compte tenu de  notre stock de paquets de mouchoirs et de la méthode « anti-gaspi » que nous avons choisie, nous avons un peu de temps devant nous ! Nous terminerons donc tranquillement les mouchoirs en papier, que nous brûlerons dans le poêle à bois une fois usagés ou mettrons au compost.

Cotons-tiges

Allez savoir pourquoi, les cotons-tiges me servent autant pour nettoyer mes oreilles que pour me maquiller (en supprimant notamment le mascara qui « déborde »). Complètement nul je sais !

Refuser : supprimer les cotons-tiges ? Nous ne sommes pas encore prêts …

Réduire : c’est largement possible, en se nettoyant notamment les oreilles sous la douche (l’extérieur pas le conduit) et en apprenant à me maquiller pour ne plus avoir à corriger les débordements ! Mais pour l’instant, la question ne se pose même pas car depuis l’été dernier, je ne me maquille plus.

Réutiliser : la solution serait d’utiliser un oriculi, on se ne le note pour plus tard !

Recycler / composter : nous optons pour des cotons-tiges entièrement biodégradables le temps de tester d’autres alternatives comme l’oriculi.

Cotons démaquillants

2 solutions : s’en passer ou fortement réduire (puisque je ne me maquille plus) mais surtout réutiliser grâce aux carrés démaquillants réutilisables !

Dentifrice et brosses à dents

Refuser : ne plus se nettoyer les dents est hors de question et déconseillé ! Difficile donc de se passer de brosse à dents. On peut en revanche se passer de dentifrice en tube. La solution toute trouvée : le dentifrice solide.dentifrice-Crystal

Nous en avons justement acheté lors de notre visite au Day By Day de Brest. Nous allons le tester en famille ! (découvrez notre comparatif de 2 dentifrices solides).

Réduire : moins se brosser les dents n’est pas non plus une bonne chose, mais il est sans doute possible de réduire la quantité que nous mettons sur notre brosse à dents. On sait notamment que ce n’est pas tant le produit que nous utilisons pour se brosser les dents que l’action en elle-même de se brosser qui est importante. Pour les brosses à dent, que nous ne pouvons pas refuser, un petit rappel aux enfants sur la manière de se brosser leur permettra de moins appuyer dessus et de garder leur brosse à dents un peu plus longtemps dans le temps.

Réutiliser : la brosse à dents est déjà un élément qu’on réutilise mais nous pouvons faire mieux, allons voir du côté du recyclage.

Recycler : hourra j’ai trouvé une association : « Les bouchons du Pays de Lorient » qui recycle les brosses à dents en plastique, c’est un bon début pour éviter la poubelle noire ! (Cliquez ici pour trouver l’association la plus proche de chez vous qui relaie l’opération « 1 bouchon, 1 sourire »).

Composter : connaissez-vous les brosses à dents entièrement compostables ? Nous allons en commander pour les tester car ce recyclage ne génère aucun déchet en bout de chaîne, il est donc à privilégier au recyclage des brosses à dent en plastique

Gel douche et shampoing

Nous éliminerons les emballages en passant aux produits solides ! Nous connaissons tous les savons. Il en existe aussi pour se laver les cheveux : nous allons les tester.

Les cheveux

Bon, inutile de dérouler les 5R, je ne vais pas me tondre la boule à Z pour la planète ! D’autant que les cheveux sont compostables. Direction donc le compost. Cela m’arrive aussi de me brosser les cheveux directement dehors quand il n’y a pas de compost à disposition.

Plaquettes vides de médicaments et solaires périmés

Je suis bien embarrassée pour ces plaquettes en plastique recouverte d’un film aluminium … J’ai vraiment un doute sur leur recyclage avec les déchets plastiques de la poubelle « jaune ». En attendant de creuser la question, je décide de mettre ces plaquettes dans la barquette blanche qui me sert pour stocker les produits et emballages pour lesquels je me pose des questions.

J’appellerai notamment mon centre de tri pour analyser avec eux le contenu de cette barquette. Je n’ai pas les réponses à tout, tout de suite, cela me permet de ne pas tomber dans un stress inutile 😉

Produits cosmétiques

Nous finissons nos pots de crèmes. Là aussi cela va nous prendre un certains temps compte tenu de ceux que nous avons en stock ! En attendant, je me mets en quête d’un produit pour le visage dans un contenant en verre recyclable car sur le long terme ma peau risque d’avoir du mal à refuser tout « entretien ». Réduire est également possible. Depuis que je m’occupe moins de ma peau, j’ai l’impression d’un « reset » plutôt bénéfique pour elle.

Le déodorant sera une question à traiter quand nous aurons fini ceux en cours. Là aussi, ce sera sûrement l’alternative du solide qui sera testée.

Pour les parfums, nous décidons qu’une fois nos flacons terminés, nous nous en passerons tout simplement. Nous comptons sur les parfums des savons pour nous faire plaisir 😉

Pas à pas, nous avançons. Quelle satisfaction déjà de ne plus voir de poubelles dans nos salles d’eau ! Nous vous tiendrons informés de nos prochaines progressions dans la salle de bain et tests d’alternatives zéro déchet !

Et vous, où en est votre salle de bain ?

6 commentaires


  1. Je n’avais pas réalisé tous les déchets générés dans la salle de bain ! 🙁
    Il y a du travail à faire pour vider nos placards de tous ces produits inutilisés ! Te lire est très motivant pour nous mettre au boulot ! 🙂

    Pour ma part, j’utilise depuis plus de 10 ans la coupe menstruelle donc plus de serviettes hygiéniques ni de tampons ici. Quand ma fille aura ses règles, je lui proposerai les serviettes lavables.

    J’ai aussi presque cessé d’utiliser les disques cotons jetables. J’en ai toujours un lot pour le dépannage mais j’ai acheté un lot de plusieurs disques lavables.

    Côté mouchoirs, je ne suis pas prête à passer le cap. J’avoue, je suis une très grande utilisatrice de mouchoirs, j’ai sans cesse la goutte au nez (vive les allergies !)

    Pour le gel douche, nous allons tenter de faire notre recette maison, je suis en train de chercher la bonne recette. Mais je continue à prendre mon shampoing chez mon coiffeur même si ce n’est pas bio car avec les cheveux longs, je n’ai rien trouvé de mieux malgré plusieurs tentatives… Je testerai des recettes maison, pourquoi pas ? J’attends avec impatience la sortie du livre « labo zéro déchets » avec plein de recettes de produits d’entretien et de cosmétiques à l’intérieur (et photos réalisées par mon amie Florence Akouka).

    Pour le brossage de dents, la question du dentifrice solide se pose suite à ton article. Sais-tu s’ils sont aussi bons que les dentifrices du commerce côté santé des dents ? fluor et compagnie ?

    J’achète mon paracétamol et mon ibuprofen au Québec car ils sont vendus en flacons de 200 à 400 comprimés. C’est à la fois plus économique et plus écologique que les comprimés pelliculés…. Pour les médicaments sur ordonnance, je rêve que la France adopte un système équivalent où le pharmacien compte le nombre de comprimés requis qu’il remet au client dans un petit flacon réutilisable. Pas de comprimés superflus et pas d’emballage… mais c’est pas prêt d’arriver je le crains…..

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    1. C’est motivant aussi de sentir qu’on s’entraine, merci ! C’est chouette aussi de s’échanger des trucs, astuces et expériences, c’est ce que j’aime aussi dans cette démarche !

      Tu as été novatrice sur beaucoup d’aspects déjà, bravo !

      Je suis en train de réfléchir à une autre alternative à mon stérilet, ce qui me posera la question du retour de mes règles.

      Pour les mouchoirs : franchement, je comprends, j’étais aussi une grosse consommatrice et j’ai toujours besoin de me moucher quotidiennement. Je crois que le plus gros cap est psychologique, il faut essayer (se marrer) et voir. Mais chaque chose en son temps, souvent il y a des étapes qu’on arrive à passer plus facilement après un peu de temps, pas en 1ère intention, tu comprends ?

      Pour les cheveux, je ne les ai pas aussi longs que toi, mais très épais et secs et après plusieurs tests, j’ai trouvé à me convenir dans les savons ! (bientôt un article)

      Merci pour la référence de ce livre : à suivre !

      Pour les dentifrices, j’avais beaucoup regardé à faire moi-même mais j’ai trouvé toutes les recettes qui m’intéressaient (pas prête encore à me brosser au savon) trop abrasives. Je te donnerai les ingrédients du Crystal, mais je sais qu’il ne contient pas de fluor (en même temps je crois qu’il y a controverse sur le fluor.

      Quant aux médicaments : j’ai vécu au Costa Rica (pays dit « en voie de développement » à cette époque) et les médicaments sont délivrés à l’unité en vrac. Je ne comprends pas que nous en soyons encore au même système débile qui abouti à un gâchis financier, de médicaments ET d’emballages !! J’imagine que les lobbyings pharmaceutiques font bien leur job 🙁

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  2. Merci de partager cette démarche familiale. De mon côté par rapport à ton article, 2 trucs à partager. Pour le déo : une pincée de bicarbonate en massage sous chaque aisselle c’est hyper efficace, économique et sain. J’achète un gros paquet (en carton recyclable) de bicarbonate alimentaire (le choisir bien fin pour éviter les irritations), j’en transfère un peu dans un pot que j’ai à la salle de bain et que je peux emporter en voyage et c’est nickel. Pour nettoyer ET nourrir la peau : de l’huile végétale c’est le top. A utiliser en massage à la main, même plus besoin de carré lavable (et pour avoir un contenant en verre possible de prendre une huile au rayon alimentaire en magasin bio à condition qu’elle soit pure et 1ère pression à froid. Je n’ai pas encore franchi cette étape 😉 )

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    1. Merci Gaëlle, je prend note de l’astuce ! Pour l’huile végétale, j’ai commencé à tester l’huile coco, il faut masser plus longtemps pour ça pénètre mais c’est plaisant aussi de prendre son temps 😉 Au plaisir !

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  3. Et comme Nadine, j’ai adopté la cup depuis bientôt 10 ans et je ne reviendrais en arrière pour rien au monde, et pas seulement pour des questions écologiques, aussi pour le confort qu’elle apporte.

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