Bilan de nos vacances d’été ZD en France (1ère partie)

Une nouvelle étape à franchir dans notre challenge ZD, juste avant notre bilan à 1 an : mettre en oeuvre au quotidien, en dehors de la maison (camping et itinérant), en groupe puis à l’étranger notre philosophie ZD… Rien que ça !

Bilan de nos vacances d’été ZD 2017, 1ère partie, en France.

Vacances camping, itinérant et à l’étranger

Cet été, nous sommes partis au total 1 mois sous le soleil et la chaleur : direction pour commencer, les Gorges du Verdon où nous avons campé 15 jours avec famille et amis près du Lac Sainte Croix (vous connaissez ?).

Pour nous le challenge était de générer le moins de déchets possible en quittant les habitudes (et la facilité) de la maison, en camping (organisation un peu différente en terme de courses et de cuisine) et en groupe, puisque nous étions 11 (7 adultes et 4 enfants) sur cette 1ère partie des vacances.

Les difficultés rencontrées

Trouver du vrac et éviter les emballages

La plus grande difficulté que nous avons rencontrée je crois a été de trouver à acheter en vrac pour ne pas « créer » de déchets (car rappelons-le « le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas ») pour la simple et bonne raison que nous nous trouvions dans des lieux inconnus avec des commerces et des commerçants inconnus.

Evidemment il y a les marchés : mais pas tous les jours (or à 11 et avec une capacité de conservation au froid très limitée, les courses sont une préoccupation quotidienne) et parfois assez chers il faut bien le dire (car tournés vers le touriste).

Ensuite, il faut rester vigilants et demander sans cesse de ne pas mettre d’emballages. Parfois en insistant à plusieurs reprises, en expliquant, en rassurant. C’est la même démarche pour ses commerçant locaux mais à recommencer depuis le début et tous les jours. En vacances, alors qu’on aspire au « relâchement », c’est une vigilance et un effort constant parfois « pesants ».

Les baguettes que les enfants sont allées chercher à l’accueil du camping le 1er matin sont malheureusement arrivées dans un emballage. Il faut dire qu’à la maison, le réflexe est désormais pris de part et d’autre : le ZD ne représente plus qu’un effort « minime » (=à peine la mention « sans emballage, SVP » puisque nous sommes « reconnus » et nos commerçants désormais habitués). Mais dès le lendemain, les enfants avaient retrouvé leur « aplomb » et pris un sac en tissu : nos baguettes n’ont plus jamais été emballées 😉

Jeter les déchets organiques

Même en trouvant des produits en vrac, il faut gérer les épluchures, les restes, le pain rassis etc, et là le calvaire commence, c’est encore pire que de trouver des aliments en vrac et sans emballage.

Dans le camping où nous étions, il n’y avait aucune poubelle à déchets organiques ou de composteur à disposition (la prochaine fois ce sera un critère de choix du camping !). J’ai appelé le centre de tri de la communauté de communes pour leur poser la question mais pas de gestion spécifique de ces déchets à leur niveau (ils proposent des composteurs individuels à prix réduit).

La 1ère semaine, nous avons enterré nos déchets organiques, mais à partir de la 2ème semaine, cette tâche a commencé à devenir « contraignante » dans notre organisation (nous avions aussi un beaucoup de déchets). Nous avons donc décidé de les jeter dans la poubelle « noire ». Cela a été très difficile à vivre en fait pour moi : j’ai eu l’impression d’un « retour en arrière « et j’avais vraiment mal au coeur en allant jeter nos poubelles (pourtant pas hyper volumineuses).

Nos victoires

Malgré l’effort que représentait de trouver de nouvelles sources d’approvisionnement en vrac, nous avons fini par avoir nos « habitudes » chez des commerçants locaux. Nous avons aussi repéré des coopératives de producteurs lors de nos déplacements, trouvé une Biocoop et des marchands de fruits et légumes sur le bord des routes.

Nous avons rencontré des commerçants compréhensifs et même très accueillants face à nos sacs en tissu ou bocaux en verre.

Quand nous avons dû faire face à une « réticence », il s’agissait plutôt d’un(e) employé(e) qui devait hésiter avant de prendre l’initiative de répondre à une demande très inhabituelle. Mais lorsque nous avons eu à faire aux « patrons », c’est plutôt avec un grand sourire et des félicitations que nous avons été servis.

Nous avons ainsi pu acheter en « vrac » et sans aucun emballage durant nos 2 semaines de vacances :

  • viande à griller (nous avons fait des envieux aux barbecues collectifs du camping, la qualité d’une saucisse étant facilement visible à sa taille avant et après cuisson ;-)),
  • charcuterie (pour les pique-nique),
  • pain et viennoiserie,
  • fromage,
  • fruits et légumes,
  • bonbons pour les enfants (et les grands aussi),
  • café en poudre,
  • pâtes, quinoa, lentilles,
  • farine.

Nous n’avons acheté aucune bouteille d’eau en plastique : chacun disposait d’une gourde que nous remplissions avant chaque départ et cela s’est avéré un vrai gain de place au camping (et pas de souci à se faire pour garder les bouteilles à l’ombre et au frais), sans compter le poids en moins lors des courses ! L’eau du robinet était bonne, fraîche, à volonté et le robinet, sur notre emplacement !

Nous avons réussi à limiter nos déchets :

  • lors d’une soirée pizza négociée avec les enfants (nous avons rendu les boîtes au pizzaïolo),
  • nos cafés étaient ZD (sans sucre et sans petits gâteaux),
  • les boissons commandées sans pailles,
  • nous avons recyclé les bouchons et le métal (ramenés à la maison), le verre et le carton,
  • nous avons acheté certains produits en privilégiant un « gros contenant » et/ou un contenant en verre (par exemple les jus de fruits, la bière).

Bilan de nos poubelles

Au total nous avons jeté 4 poubelles de 20 litres de déchets non recyclables (tongs cassées par exemple, plastiques non recyclables, étiquettes autocollantes de courses) et épluchures.

Nous avons acheté le plus possible en verre, donc jeté au conteneur les contenants recyclables.

Nous avons trié le carton éventuel (par exemple les boîtes à oeufs).

Nous avons ramené un sac (en tissu) rempli de bouchons à recycler ainsi qu’un autre sachet de couvercles, capsules et muselières en métal à mettre en déchèterie.

Nos coups de gueule (et grosses déceptions)

Le sac poubelle crée le déchet

Comme je le disais, ma plus grosse déception a été de jeter des poubelles « noires ».

Quand nous avons décidé de mettre en service cette poubelle, j’ai aussi eu la désagréable surprise de me rendre compte que le groupe avait relâché ses efforts dans la gestion de ses déchets. J’ai eu en effet à trier les poubelles car j’y ai trouvé du papier et des emballages carton par exemple. Cela m’a un peu découragée car j’ai eu le sentiment que parce qu’on « assouplissait » notre organisation par « abandon » on va dire, le groupe ne faisait plus autant attention. J’ai alors pris conscience du pouvoir de déni d’un simple sac poubelle : on jette sans se poser la question de ce que le déchet va devenir et la poubelle « attire » irrémédiablement les déchets. Cela m’a d’autant plus étonnée que pendant la semaine précédente notre groupe avait fait preuve, volontairement, d’efforts constants pour éviter, réduire et trier ses déchets. Est-ce que cela avait été vécu comme une contrainte plus lourdement subie que ce que j’avais cru ?

Les poubelles en vacances ?

Depuis que nous sommes passés au « zéro déchet » ou « presque » (le zéro déchet n’existe pas), nous avons certainement plongé dans un autre espace-temps nous faisant oublier une certaine réalité. Nous ne voyons quasiment plus d’emballages, nous avons de moins en moins souvent de contacts avec les conteneurs collectifs de recyclage, nous ne « voyons » plus d’ordures, nous ne jetons qu’une poubelle tous les 3 mois environ, etc. Nous vivons en marge, nous nous sommes soutirés d’une réalité pour vivre dans une sorte de bulle qui est devenue notre réalité modifiée. Pourtant la réalité « extérieure » est toujours bien là, tenace. Le choc, mon choc, c’est que j’en avais oubliée la « violence » et qu’elle m’a frappée de plein fouet quand je suis allée naïvement (je ne peux pas dire « innocemment ») jeter nos poubelles .

Petit tour à l’espace des poubelles du camping situé à l’extérieur, bien en retrait des tentes et des caravanes.

Les conteneurs débordent, crachent leur montagne de déchets, quand ces déchets ont la « chance » d’être à l’intérieur des conteneurs ! J’ai eu l’impression de me trouver dans une mini-décharge : ici des campeurs y avaient jeté tout et n’importe quoi (réchauds à gaz, fauteuils, table). Et quand, pour éviter que des déchets autres que des cartons ou bouteilles plastiques ne se retrouvent dans le conteneur jaune, celui-ci a été équipé d’une petit trappe, alors la poubelle est laissée à ses pieds ! Son propriétaire devait sûrement être bien trop pressé (et en vacances bon sang !) pour prendre le temps de mettre chaque élément un par un dans le conteneur. Et puis qu’importe, après tout il n’est pas chez lui, aussitôt les talons tournés, sa conscience pourra se concentrer de nouveau sur ses priorités de vacanciers. Quand la benne sera passée, tout sera oublié, effacé, net. Où est le problème ?

J’ai été abasourdie, triste, en colère. Dans ses moments-là on a bien du mal à « relativiser » : je me suis plutôt trouvée ridicule avec ma petite poubelle qui pesait pourtant lourdement sur ma conscience …

En conclusion

  • La démarche zéro déchet reste encore peu répandue chez les commerçants, les camping et les vacanciers.
  • Dans les commerces, il faut souvent expliquer et insister mais généralement l’accueil est bon.
  • En dehors des habitudes prises chez soi et chez ses commerçants, il faut redoubler d’attention et d’efforts sinon on se fait vite « avoir » : le déchet est partout, sournois et vif !
  • La gestion des déchets dans certains camping aurait bien besoin d’être améliorée (oserais-je dire qu’il y a presque tout à faire ?), à commencer par l’attitude des vacanciers !
  • Le sac poubelle crée le déchet : enlevez votre poubelle et vous jetterez beaucoup moins 😉

6 commentaires


  1. Bonjour Cécile,
    J’ai eu malheureusement le même constat que toi ! Moi qui adore le camping en toile de tente car je me sens plus proche de la nature et c’est un moyen pour moi et mes enfants de nous ressourcer. J’ai essayé au maximum de limiter mes déchets ce qui n’est pas facile (comme tu l’as d’écrit dans ton article) mais la vue des poubelles du camping m’a fait prendre conscience que pour beaucoup le chemin reste à faire… Je me dis que l’échange avec les commerçants et les touristes qui m’ont vu avec mes sacs et refuser les papiers… Je vais bien en avoir contaminée quelques-uns ! Bonne continuation à toi et merciiii pour tes articles !!!

    Répondre

    1. Bonjour Séverine, oui il faut voir le positif et l’effet de propagation c’est vrai (et choisir des campings au moins avec un composteur à l’avenir !). A bientôt, merci !!

      Répondre

  2. Bonjour!
    J’habite la communauté de commune du verdon,à Rians et nous avons un très gros problème de gestion des déchets.la situation est catastrophique,la décharge fermé car trop pleine.les déchets partent du coup en camion vers Toulon.. .on ouvre donc une épicerie zéro déchet dans une semaine pour tenter de sensibiliser les gens.merci a vous d avoir fait l’effort du zéro déchet pendant vos vacances!

    Répondre

    1. oh excellent (la 2ème partie de votre message) ! Dommage que vous n’aviez pas déjà ouvert. Quand ce sera le cas, je ferais un édito avec plaisir pour ajouter l’adresse de votre épicerie. Bravo et bonne ouverture !

      Répondre

  3. Très instructif, merci Cécile !
    Anne-Laure

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *